Règles & Questions relatives au Ramadân - Des pratiques dont il n'y a pas de mal pour le jeûneur

Publié le par la-science-utile

بسم الله الرحمن الرحيم

Al Fiqh / Règles & Questions relatives au Ramadân

 

Des pratiques dont il n’y a pas de mal pour le jeûneur


Il y a des pratiques dont il n’y a pas de mal pour le jeûneur s’il venait à les accomplir.


Parmi elles ; s’embrasser et avoir des attouchements [entre époux], sans amplification, par crainte de tomber dans l’interdit qui est le rapport intime. Il a certes été authentiquement rapporté dans le hadîth, que ‘Âïcha رضي الله عنها a dit : “Le prophète صلى الله عليه وسلم embrassait et avait des attouchements [avec ses épouses] alors qu’il jeûnait, et il était le plus apte d’entre vous a contrôler ses désirs.” C’est-à-dire ; ses besoins.


Et d’après Hakîm ibn ‘Iqâl qui a dit : “J’ai questionné ‘Âïcha : “Qu’est-ce qui m’est interdit de ma femme pendant que je jeûne ?” Elle répondit : “Sa partie intime.”


Et d’après ‘Oumar ibn al-Khattâb
رضي الله عنه qui dit : “Je me suis réjouit [à la vu de ma femme] puis je l’embrassai alors que je jeûnais. Je dis [plus tard]: “Ô envoyé d’Allah ! J’ai fait une chose terrible aujourd’hui, j’ai embrassé ma femme alors que je jeûnais.” Il répondit : « Vois-tu, si tu te rince la bouche avec de l’eau alors que tu jeûnes [y a t-il un mal] ? » Je répondis : “Il n’y a pas de mal.” Il dit : « N’est-ce pas la même chose ? » [D]


Cependant, afin de fermer la porte à tout intermédiaire [menant au rapport intime], il est déconseillé aux jeûnes ainsi qu’aux nouveaux mariés de s’embrasser et d’avoir des attouchements, en raison du hadîth qu’a rapporté Aboû Hourayra ; “Qu’un homme questionna le prophète
صلى الله عليه وسلم à propos de l’attouchement pour le jeûneur, il lui autorisa. Un autre homme lui vint et il lui interdit. Car celui à qui il donna l’autorisation était un homme âgé, et celui à qui il lui interdit était un jeûne.” [3]


Parmi elles ; utiliser le Siwâk, et de la même manière, la brosse à dents, sans amplification.


Al-Boukhariy rapporte dans son recueil [de hadîth] authentique, que le prophète
صلى الله عليه وسلم utilisait le Siwâk. Ibn ‘Omar se frottait les dents en début et fin de journée, et il n’avalait pas sa salive. ‘Atâ a dit: “Si sa salive s’accumule [et qu'il l'avale], je ne dis pas qu’il a rompu son jeûne. Ibn Sîrîn a dit: “Il n’y a pas de mal à faire usage d’un Siwâk humide (frais). Il lui fut dit: “Mais il a un goût.” Il répondit: “L’eau aussi a un goût, et [pourtant] tu te rinces la bouche avec.”


Parmi elles ; la Hijâma (saignée par ventouse) et faire sortir le mauvais sang. Et [parmi] ce qui est semblable à ceci ; faire un don de sang. Et de la même manière le lavage rénale pour celui qui en souffre. Al-Boukhariy rapporte dans son recueil authentique, d’après Ibn ‘Abbâs qui a dit : “Le prophète صلى الله عليه وسلم a fait la Hijâma alors qu’il jeûnait.” Et Ibn ‘Abbâs et ‘Ikrima ont dit : “Le jeûne [s'annule] par ce qui entre et non par ce qui sort.”


Et sa parole au prophète
صلى الله عليه وسلم : « Celui qui se fait appliquer et celui qui applique la Hijâma, ils ont rompu leur jeûne. » est abrégé par ce qu’il a accompli صلى الله عليه وسلم [par la suite], comme c’est confirmé dans le hadîth de Al-Boukhâriy plus haut. Et il est abrogé par sa parole صلى الله عليه وسلم comme dans le hadîth d’Aboû Sa’îd al-Khoudriy qu’il a dit : “Le prophète صلى الله عليه وسلم a permis au jeûner le baisé et la Hijâma.” Et la permission se fait après une obligation ou une décision.


Parmi elles ; aspirer l’eau par le nez “Al-Istinchâq” et se rincer la bouche “Al-Madmana” sans amplification. En raison de sa parole صلى الله عليه وسلم : « Force lorsque tu aspires l’eau par le nez, sauf lorsque tu jeûnes. » Ce qui est compris du hadîth, c’est qu’il est permis d’aspirer l’eau par le nez pour le jeûneur, mais sans amplification.


Al-Boukhariy a dit : “Al-Hassan [al-Basriy] a dit : “Il n’y a pas de mal pour le jeûneur de se rincer la bouche et de se rafraichir.”


Parmi elles ; se laver la tête, prendre un bain et nager…


L’imam Al-Boukhariy rapporte dans son recueil [de hadîth] authentique, d’après ‘Âïcha
رضي الله عنها qui a dit : “Le prophète صلى الله عليه وسلم arrivait à l’aube en état d’impureté majeur “Jounouban” pendant le Ramadan, sans faire de rêve [sensuel], il faisait donc ses grandes ablutions et jeûnait.”


Et Ibn ‘Oumar mouillait un vêtement en le jetant sur lui alors qu’il jeûnait. Et Anas dit : “J’ai certes une baignoire dans laquelle j’entre alors que je jeûne.” -Fin de citation-. Et la baignoire “Al-Abzan” est une pierre creuse qui est comme une cuve.


S’il est dit : “Et si l’eau entre dans la gorge par erreur ?”


Je dis : il n’y a pas de mal à ceci, en raison de Sa parole au Très-Haut:


« Nul blâme sur vous pour ce que vous faites par erreur, mais (vous serez blâmés pour) ce que vos coeurs font délibérément. Allah, cependant, est Pardonneur et Miséricordieux. »
[S33, V5]


Et en raison de sa parole
صلى الله عليه وسلم : « [La charge concernant] l’erreur a été ôté à ma communauté. »


L’imam Al-Boukhariy rapporte dans son recueil [de hadîth] authentique, d’après ‘Atâ qui a dit : “S’il prend et rejette de l’eau par son nez “Yastanthirou (Al-Istinthâr)” et que l’eau entre dans sa gorge, il n’y a pas de mal s’il n’a pas la capacité. -Fin de citation-. C’est-à-dire ; s’il n’a pas la capacité de rejeter l’eau.


Parmi elles ; goûter de la nourriture sans l’avaler.


Al-Boukhariy rapporte dans son recueil [de hadîth] authentique, d’après Ibn ‘Abbâs
رضي الله عنه qui a dit : “Il n’y a pas de mal à goûter ce qui se trouve dans la marmite ou toute autre chose.” Et il a dit : “Il n’y a pas de mal à ce qu’une personne goûte le vinaigre ou toute autre chose, tant que cette dernière n’entre pas dans sa gorge.”


Parmi elles ; se mettre du Kouhl (l’antimoine pour se noircir le contour des yeux), se parfumer et ce qui y est semblable comme le collyre pour les yeux.


Al-Boukhâriy a dit dans son recueil [de hadîth] authentique : “Anas, Al-Hassan et Ibrahim [an-Nakha'iy] ne voyaient pas de mal pour le jeûneur de mettre du Kouhl.”

Ibn Hajar a dit dans Al-Fath t4/p183 : “Les salafs aimaient pour le jeûneur le bien-être, le toilettage, l’arrangement des cheuveux “At-Tarajjal”, l’huile, le Kouhl et ce qui est semblable à ceci.” -Fin de citation-. Et “At-Tarajjal” et le “Tarjîl”, c’est le coiffage des cheveux, leur propreté et leurs soins, comme c’est mentionné dans al-Lisân.


Parmi elles ; faire une piqûre ou une perfusion autre que alimentaire. Il n’y a pas de mal à tout ceci, tant qu’elles n’aboutissent pas à l’estomac et qu’elles ne contiennent pas une valeur de substance alimentaire.


La base dans ces genres de questions nouvelles, c’est qu’elles ne tiennent ni de l’obligation, ni de l’interdiction “Al-Ibâha”, tant qu’un texte [légal] nous renvoi pas à son interdiction.

 

[3] Sahîh Sounan Abi Dâwoud: 2090.

[D] Note du traducteur : l’imam al-Khattâbiy -qu’Allah lui fasse miséricorde- a dit : “Il y dans ce hadîth la confirmation du raisonnement par analogie “Al-Qiyâs” et l’union entre deux choses dans une seule sentence [juridique], dû à leurs unions dans la similitude, et ceci, car le rinçage de la bouche avec de l’eau “Al-Madmana” est un intermédiaire afin que l’eau descende à la gorge et qu’il arrive au ventre, il y aura alors dans cela ce qui annule le jeûne. De la même manière, le baisé est un intermédiaire qui mène au rapport intime qui annule le jeûne. Il dit [le prophète صلى الله عليه وسلم ] lorsqu’une des deux pratiques n’est pas un annulatif pour celui qui jeûne, l’autre est donc pareil.” Voir ‘Awn al-Ma’boûd charh Sounan Abi Dâwoud t7/p11.


~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

Publicité

Publié dans al Fiqh

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article