Partie 1 [Haddou-l Islâm wa Haqiqatou-l Imân]
Résumé de Haddou-l Islam wa Haqiqatou-l Imân • Shaykh Abd al Majid ash-Shadouli
Partie 1
Au début de l'ouvrage, est présentée une longue introduction Ousoûliyya [règles des fondements de la jurisprudence] impérative à la compréhension de son long exposé sur Asl ad Dîn et Haddou al- Islam. Le Shaykh Abd al Majid précise, avant d’aborder la question, qu'il faut impérativement définir le cadre général dans lequel on appréhende les textes et les preuves légales qui en découlent.
Il faut donc tenir compte :
- Des méthodes valides de démonstration.
- S’en tenir au texte et rejeter la surinterprétation (en adoptant la méthodologie intermédiaire entre les Dhahiriyya et Ashâb ar-Ra’y)
- Tenir compte des termes en gardant en vue les objectifs de la Shari3a [législation] et les actions des Moukallafin (les responsables juridiquement)
- S’accrocher aux preuves claires.
- Concilier les extrémités des preuves.
- Rattacher les dérivés partiels à leurs règles globales.
(Voir notamment les règles liées au Takhsîs [la spécification] qui n'est valide qu'après l'observation des preuves légales. Comme l'explique ash Shatibî [al Mouwafaqât – Vol 3]
Après avoir expliqué chacun de ces points étayés par de nombreuses preuves et citations, le Shaykh donne une définition exhaustive de l’Imân et de l’Islam (leur talâzoum, le changement du sens selon le fait qu’ils sont cités ensemble ou séparément, leur séparation au niveau de la définition et leur partage du même statut, ce qui est inclus dans Asl ud Dîn) puis aborde la question du Tawhîd Al 3amali [Tawhîd an-Nousouk (les rites), al Houkm (le jugement) et al Wilâya (l'alliance)]
• Dans le chapitre concernant le Houkm, le Shaykh commence par donner des définitions très précises des différences entre: l’infraction dans l’absolu, la bid3a [l’innovation] et ses différentes catégories ainsi que la législation absolue. Notions qu'ash Shâtibî a très bien détaillées.
En résumé :
- Le péché [al ma3siya] › qui est toute infraction à la législation sur laquelle il n’y pas eu de convention posée.
- L’innovation [al bid3a] › toute convention qui contredit la Shari3a mais qui se base sur un dalîl [preuve légale] avec l’affiliation à la Shari3a. Cependant, il s’agit d’une interprétation mêlée à la passion et qui fait passer la preuve ambiguë avant la preuve claire.
Ash-Shâtibî explique : « Si nous disons qu’ils suivent leurs passions et les choses ambiguës, ils ne suivent pas leurs passions de façon absolue, ni les ambiguïtés à tous les niveaux. Si telle était leur situation, ils seraient mécréants » [Al I3tissâm 2/186].
- Légiférer [at Tachrî3] › la législation pure et absolue ne serait-ce que dans un seul domaine.
• Plus tard, le Shaykh présente une brillante analyse des faits de la réalité moderne. En effet, il est primordial de connaître le contexte d’application.
Ibn Al Qayyim dit : « Le Mufti ou le gouverneur, ne peut pas donner de jugement correct à moins qu’il ait deux types de savoir:
- Le premier type de savoir est, comprendre correctement la réalité (du problème), et être capable de tirer les faits de ses Qarâ‘in [facteurs indicatifs apparents] ainsi que ses signes et symboles, jusqu’à ce qu’il ait la totale connaissance du problème.
- Le second type de savoir, est l’obligation de comprendre la réalité de son jugement dans le Livre d’Allah, ou sur la langue de Son Messager basé sur sa réalité, puis d’appliquer correctement le premier type de savoir, avec le second. »
[I3lâm al Mouwaqqi3in – Vol 1/ Page 87]
Dans la réalité actuelle, le stade de la pure législation absolue a non seulement été atteint mais a été dépassé pour rejoindre le stade de la reconnaissance explicite du Droit de législation à un autre qu’Allah.
En effet, de nos jours, dans l’écrasante majorité des pays des musulmans, les textes de la Sharî3a n’acquièrent leur légitimité en tant que lois, que si elles proviennent de la part de celui qui détient le pouvoir législatif. C’est seulement par ce consentement avec ratification parlementaire que la qualité de « loi » est donnée au texte islamique.
Nous retrouvons donc deux abominations à la fois :
- La pure législation absolue
- La reconnaissance explicite de l’attribution de ce droit à un autre qu’Allah
Observons la réalité : Pour ceux qui ont pris quelques cours de droit à la fac, il est connu que :
§ Les caractéristiques d’une loi sont :
1) La loi est composée de règles qui régissent des relations. L’ensemble des relations forme la communauté et l’ensemble des règles forme le système de loi.
2) La loi est générale et brute. La loi est émise en des termes généraux « tout individu/ nul/chaque citoyen etc.), pour une durée indéterminée, elle est adressée à tout membre de la société qui réunit les conditions des termes qui définissent son application.
3) La loi a une valeur contraignante ; ce n’est pas un conseil mais un ordre provenant de celui qui exerce l’autorité et adressé à celui qui doit s’y conformer.
4) Elle organise les trois sources de pouvoirs : législatif, judiciaire et exécutif.
5) La loi s’appuie sur des sources officielles et des supports matériels.
Exemple : Le droit égyptien
Supports matériels de la loi :
- Source : l’histoire
- Source : l’usage
- Source : jurisprudence : les précédents créés par la court
- Source : principes de la Chari3a.
Source officielle de la loi :
La législation : légiférer les règles du Droit à travers le corps à qui la constitution a donné la prérogative de légiférer.
La législation :
La législation est aujourd’hui la principale source de loi, elle se décline en fonction de son importance en :
- Législation constitutionnelle.
- Législation principale. (Différents codes,..)
- Législation secondaire (ordonnances, décisions etc.)
La législation constitutionnelle qui est la loi fondamentale et suprême qui donne au corps législatif la prérogative de légiférer la législation principale et secondaire.
§ Fonctionnement de la justice :
Priorité est donnée aux domaines ou le législateur (parlement, Majliss Niyabi, Sha3bi etc.) a légiféré.
Si ensuite pas de réponse ›› l’usage et la jurisprudence.
Si ensuite pas de réponse ›› principes islamiques.
Ainsi, les principes islamiques ne s’appliquent que si la législation exercée par l’autorité compétente n’a pas légiféré. De ce fait, toute législation inspirée des lois islamiques n’est légitime que parce qu’elle est légiférée par le corps législatif et non légitime par elle-même.
Observons maintenant comment ces législations positives parallèles à la législation d’Allah sont présentées exactement sous la même forme que la législation divine :
Le Houkm Istilâhan [juridiquement] : Les savants de 3ilm al Ousoûl [science des fondements de la jurisprudence islamique] ont définit le Houkm comme suit :
Légalement, il s’agit du discours du législateur adressé aux Moukallafîn [responsables juridiquement] qui contient al Iqtidâ’ [ordres et interdictions], at-Takhyîr [al Ibâha :la permission] et al Wad3 [qui englobe les causes, conditions, empêchements, dérogations, statuts de validité et de nullité]
• Nous avons donc trois éléments :
1) Le discours [at Taklîf] › L’imposition › la Charî3a (Législation)
2) L’auteur du discours [al Moukallif] › (celui qui impose) › Le législateur
3) Le sujet/le concerné par le discours [al Moukallaf] (juridiquement responsable)
De ce fait, ici, les mots : Sharî3a, Taklîf et Houkm se retrouvent synonymes d’un seul sens : celui du discours légal adressé aux interlocuteurs qui sont soumis à ces statuts.
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